Humbert, des qualifications au trophée


14 février 2024

Humbert, des qualifications au trophée


En prenant le meilleur sur le Bulgare Dimitrov en finale dimanche grâce à un service extrêmement fiable, le Messin inscrit son nom au palmarès de l’Open 13. Le voilà 18 e mondial, son meilleur classement, et N°1 français.

Se doutait-il mercredi dernier, en arrosant de services une salle qui s’était vidée après sa victoire contre Hugo Gaston, qu’il inscrirait son nom au palmarès de l’Open 13 Provence quatre jours plus tard pour son cinquième titre ? Ugo Humbert a vécu une semaine marseillaise folle et elle se termine de la plus belle des façons. Dimanche, le Lorrain de 25 ans a rendu chèvre Grigor Dimitrov dans un Palais des sports bondé, le battant avec autorité (6 - 4, 6 - 3, en 1 h 23) et remportant ainsi son cinquième tournoi en autant de finales disputées. « Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne », aime à répéter le gaucher, qui retrouve le top 20 mondial, se hissant ainsi au 18e rang, qui est son meilleur classement, et enfile le costume de numéro 1 français. « Parfois, je me dis que je suis né pour ça ! J’adore aller jouer des gros joueurs sur des gros courts. Puis dans une ambiance comme ça, je me dis que c’est un privilège de pouvoir jouer une finale devant mon public. J’ai réussi à être très présent du début à la fin et je n’ai pas paniqué », s’enchante-t-il. Le service millimétré a été la clé de ses succès des derniers jours. Il lui avait fait défaut contre son compatriote. Mais, Gaston n’ayant pas été beaucoup plus inspiré, Humbert avait évité la sortie de route prématurée alors qu’il a été demi-finaliste à chacune de ses deux venues jusqu’alors (2019,2021). Il l’a retrouvé contre Alejandro Davidovich Fokina vendredi, en quart de finale, avant de servir littéralement des pêches tout le week-end, contre le tenant du titre Hubert Hurkacz. Puis face au Bulgare qui n’a pu que constater les dégâts.


Une finale expéditive


Dimanche, sous les yeux de Jean-Pierre Papin et du capitaine de l’OM Valentin Rongier, le Messin n’a cédé que trois points sur ses cinq jeux de service de la première manche, avant de breaker pour virer à 6-4. Il a sauvé deux balles de break dès le début du second set, a breaké dans la foulée et a tenu sa mise en jeu jusqu’au bout. « Je suis resté dans un schéma de jeu que je maîtrisais bien, explique Ugo Humbert. Sur ses services, je ne retournais pas bien, j’étais un peu stressé, je n’arrivais pas trop à voir ce qu’il se passait donc je m’appuyais sur le mien. Il a essayé de beaucoup slicer sur mon revers donc j’anticipais un peu mieux et puis j’ai réussi à faire le break sur le jeu à 5-4. Ça m’a un peu libéré. Je me sentais mieux lors du deuxième set. Le premier jeu a été un moment clé pour moi du match au deuxième set. Finalement, j’ai fait une super partie du début à la fin », analyse-t-il. Beau joueur comme toujours, Dimitrov a reconnu le mérite de son adversaire. « Il a joué de façon incroyable », a-t-il complimenté, avant d’appuyer sur les clés qui ont fait tourner la serrure du côté
du Français. « Il a servi incroyablement tout le match et il a régulièrement bien retourné. De mon côté, je n’en ai pas fait assez non plus pour le mettre dans une situation inconfortable ». « Il a été impressionnant par la pression qu’il a pu mettre tout au long du match. Comme la veille
contre Hurkacz », souligne Jean Francois Caujolle, le directeur de l’Open 13 qu’il a fondé en 1993, un tournoi qui connaît avec Humbert son septième vainqueur français après Guy Forget, Fabrice Santoro, Arnaud Clément, Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga et Michaël Llodra. « D’entrée, il a été très agressif et, en plus, c’est rentré. Sur ce type de surface, il a un gros potentiel » ajoute-t-il.


Montée en puissance

Humbert, tête de série N°4, est sorti vainqueur d’un dernier carré où se trouvaient les trois autres principales têtes d’affiche de série, toutes mieux classées que lui. « C’est agréable, surtout quand ce sont des joueurs que l’on souhaite avoir, note Caujolle. On avait quatre garçons humainement supers, d’une gentillesse extrême, abordables, humbles, des vrais professionnels. Ça fait plaisir ». Boosté par sa collaboration avec son entraîneur, l’ancien joueur Jérémy Chardy, Humbert s’est accommodé de l’absence cette semaine de celui avec qui il a une « super relation ». Arrivé « très fatigué émotionnellement », il repart gonflé à bloc pour la suite du circuit à Rotterdam.

Nathan Sperling